introspection


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Elle en parle très bien, de ce temps à mi-chemin entre présence et retraite.  Besoin de faire le vide, de lignes et d'espaces épurés, pour mieux accueillir la déferlante des images, des idées, des sensations inscrites. Inventer une saison qui n'est pas encore, choisir ses couleurs, les formes que le soleil caressera, que les rires et les jeux des enfants froisseront. 

Les modèles de la collection d'été sont (presque) tous dessinés. Je dis "presque", parce que j'aime ce moment où tout est encore possible, où l'atelier est encore assez chamboulé pour pouvoir accueillir un petit dernier "pour la route", né à l'improviste, sans autre raison que d'être là - et c'est de loin la meilleure.

Le travail de patronage a toujours ce goût lent et un peu sur des devoirs d'école, ceux qu'on étale sur la grande table du salon pour mieux se dispenser de les prendre au mot, l'étendue faisant office de profondeur. Mais ce petit cérémonial m'attendrit tout autant que la puissance de l'imagination en marche, qui construit par vagues successives des mondes cohérents et uniques, jusqu'à l'insomnie.

Dans cette solitude où rien ne nous distrait du beau qu'on a choisi tel et baptisé à la sueur de son front, se sentir vivant, en somme.

PS - Dès que je le pourrai, je mettrai quelques nouveaux tissus dans la boutique. Je pense bien à vous.